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FRANCE-INFO - Décembre 2012
Au service de cancérologie de l'hôpital Cochin, les équipes soignantes développent de nouvelles prises en charges pluridisciplinaires. Un beau livre, "Vivre", nous délivre, à travers photos et témoignages, les aspects humains d'une telle évolution au sein de l'hôpital.
Ecouter l'interview de François Goldwasser




SUJET : CANCER HOPITAL AP-HP CHU-CHR GERONTO ONCOGERIATRIE DIABETE CARDIO ILE-DE-FRANCE

Une pluridisciplinarité élargie pour aborder la complexité clinique en cancérologie expérimentée à l'hôpital Cochin

PARIS, 17 octobre 2011 (APM) - Un programme expérimental de médecine intégrée débute à l'hôpital Cochin (Paris, AP-HP) pour mieux prendre en charge les patients atteints de cancer présentant des risques et les faire bénéficier d'une pluridisciplinarité élargie, a-t-on appris vendredi auprès de son initiateur.

Le projet Ariane entre dans sa phase opérationnelle, a indiqué vendredi à l'APM le Pr François Goldwasser, chef du pôle spécialités médico-chirurgicales et cancérologie du groupe hospitalier Cochin, à l'issue d'une journée de présentation de ce programme expérimental de médecine intégrée organisée à la faculté de médecine Cochin-Port Royal.

Le projet Ariane évalue une nouvelle approche reposant sur une nouvelle pluridisciplinarité permettant d'aborder la complexité clinique en cancérologie avec davantage de spécialistes (cf APM SLNFH001) afin d'organiser un parcours sûr pour ces patients complexes.

Dans cet hôpital qui prend en charge 8.000 nouveaux malades atteints de cancer chaque année, après annonce de leur cancer et décision d'un traitement, tous les patients présentant des éléments de complexité comme l'âge (à partir de 75 ans), des comorbidités ou avec des situations psycho-sociales difficiles passeront par le même filtre: ils seront accueillis au sein d'une consultation spécifique dite d'accueil et d'évaluation initiale des risques.

Ils seront installés dans une pièce où se succéderont les professionnels. Leurs besoins en soins de support seront évalués comme le prévoit le Plan cancer (avec diététicienne, assistance sociale, psychologue), mais aussi leur complexité avec une évaluation approfondie des risques afin de proposer un parcours personnalisé de soins sécurisé tenant compte des risques identifiés et intégrant des adaptations.

La pluridisciplinarité est élargie avec en plus un gériatre (de l'hôpital Broca, AP-HP, Paris), un cardiologue, un diabétologue, un anesthésiste et un pharmacien.

L'ensemble est mis en musique par les infirmières "Ariane" qui ont chacune une fonction d'infirmière référente et coordinatrice du parcours de soins. A l'issue de cette réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dévolue au risque, l'infirmière référente remettra au patient son parcours et elle assurera une cohérence permanente y compris hors de l'hôpital tout au long de son parcours, tel le fil d'Ariane qui a guidé Thésée dans le labyrinthe.

Des travaux d'aménagement se font en ce moment et les premiers patients seront accueillis à la mi-novembre, a précisé le Pr Goldwasser. A terme, des locaux neufs seront attribués pour cet accueil. Après rénovation de locaux de l'hôpital, ils devraient être disponibles début 2013.

Cette expérimentation est unique. "C'est la seule RCP dédiée au risque", commente le spécialiste.

UNE MEDECINE INTEGREE EN CANCEROLOGIE

"C'est un modèle expérimental de médecine intégrée. A l'inverse d'un recours à la demande, ce modèle vise à proposer de manière systématique une pluridisciplinarité particulière et en un lieu unique ce qui permet de faire converger au lit du patient des expertises complexes pour aboutir à une décision réactive", explique-t-il.

"C'est pour nous le moyen de relever le défi croissant de la complexité clinique en cancérologie avec plus de patients âgés à prendre en charge, plus de personnes avec des maladies chroniques et l'usage de thérapies comme les anti-angiogéniques qui se développe", ajoute-t-il.

Or les anti-angiogéniques ont une action sur l'endothélium qui accroît les risques d'embolies, d'accidents vasculaires cérébraux et d'accidents coronaires chez les personnes ayant un risque vasculaire. L'incidence des complications emboliques augmente fortement avec un risque vasculaire supplémentaire comme l'âge ou des antécédents vasculaires, passant de 0,5-1,5% à 5-15% chez des patients de plus de 80 ans, cite le spécialiste.

De même, le diabète et l'obésité peuvent conduire à des complications graves. Les perfusions glucosées, les corticoïdes prescrits avec les traitements anticancéreux peuvent aggraver le diabète et les troubles digestifs sont susceptibles d'entraîner des surdosages, d'où l'intérêt de travailler en binôme diabétologue/cancérologue.

"Nous avons aussi l'impression que mieux le diabète est contrôlé, meilleure est la réponse tumorale" aux traitements, précise le Pr Goldwasser.

Les mesures proposées pourront être d'envisager, avant un acte lourd, des interventions comme une renutrition, l'équilibre d'un diabète, une modification du traitement cardiovasculaire, ou un accompagnement des soins ou encore des mesures d'anticipations de l'aval. Les recommandations faites par l'infirmière pour chaque patient seront diffusées aux différents services dans lesquels il séjournera.

L'impact de cette approche sur le parcours et le devenir des patients sera évalué. Les professionnels pensent aussi développer des outils d'évaluation.

Ils essaieront de s'approprier l'expertise développée en anesthésie qui a "la plus grosse culture de l'analyse de risques" en évaluant des outils comme la mesure de l'oxygénation tissulaire pour identifier les risques sous chimiothérapie ou anti-angiogéniques, poursuit le Pr Goldwasser.

Il est aussi prévu un accompagnement pluridisciplinaire pour les personnes qui sortent de la maladie afin de favoriser le retour à l'autonomie avec trois types d'aide: un accompagnement psychologique, un coaching diététique pour modifier les habitudes alimentaires et un coaching physique pour améliorer la musculature et la capacité cardiaque.
Le projet bénéficie d'un partenariat public/privé avec une aide institutionnelle puisque le groupe hospitalier Cochin en a fait une priorité et a redéployé trois postes d'infirmières en plus, mais aussi une aide de la Fondation Martine Midy, une fondation reconnue d'utilité publique qui a pour but de faire progresser la recherche contre le cancer ainsi que le quotidien des patients atteints par cette maladie.

Un patient sur trois pourrait être concerné par cette pluridisciplinarité élargie. L'équipe va procéder à une montée en charge progressive.

Le Pr Goldwasser et ses collègues espèrent faire la démonstration de l'utilité de cette approche sur l'amélioration de la qualité des soins et sur leur efficience avec une baisse des coûts (moins de complications, moins d'hospitalisations et des durées de séjour réduites, moins d'attente de l'aval grâce à une anticipation). Ils ont le projet de créer une société savante de médecine intégrée en cancérologie pour partager des expériences, éditer des recommandations.

Interrogé sur l'oncogériatrie actuellement développée pour mieux prendre en charge les patients âgés atteints de cancer, le Pr Goldwasser estime que c'est "un exemple de médecine intégrée". Le projet Ariane va plus loin en ajoutant d'autres éléments de la complexité (patients coronariens, diabétiques, sans domicile fixe -SDF-, patients déprimés sévères).

"Cette médecine réconcilie l'humanisme et la qualité du soin. Elle redonne également leur place aux CHU qui sont capables d'offrir cette pluridisciplinarité élargie", commente par ailleurs le spécialiste.

sl/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

SLOJH001 17/10/2011 13:33 CANCER
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